" Un engagement plein, avec de l'enthousiasme, de l'énergie "

07/05/2019
DNA

Données en ouverture, Dans les tranchées de Lagny et La Strasbourgeoise offrent une vision populaire, intime, de la guerre ; la première oeuvre, anonyme, aborde la Grande Guerre avec allant, la seconde, la guerre de 70 avec les mots et interrogations d'un enfant qui apprend qu'il est orphelin ; l'enchantement, s'il est possible que le malheur des uns puisse faire le bonheur d'autres, est tout aussi patent que pour les trois pièces (texte et musique) de Maurice Ravel évoquant toujours la guerre, pour le Locus iste de Bruckner et un motet de Felix Mendelssohn-Bartholdy ; les voix sont envoûtantes, la diction claire, l'engagement réjouissant... et communicatif puisque l'Ode à la joie, le quatrième et pacifiste quatrième mouvement de la 9e symphonie beethovenienne, a été donnée avec le concours du public.
Un engagement plein, avec de l'enthousiasme,de l'énergie

Pour la création de la Cantate pour la paix de Dimitri Tchesnokov, les Métaboles étaient associés à une trentaine d'enfants des classes de quatrième du collège local Victor-Hugo ; chanteuses et chanteurs ont été à la hauteur de l'événement, car ce qui a été propos n'était pas un (petit) tour de chant, approximatif et timide, mais un engagement plein, avec de l'enthousiasme, de l'énergie, une clarté de prononciation, des nuances et une justesse de ton et de rythme... qui ont dû séduire le compositeur, qui en la circonstance avait endossé les habits de pianiste.

En configuration habituelle et en compagnie de Marc Coppey, tout à la fois directeur artistique du festival, violoncelliste multicarte et chef d'orchestre (dès ce mardi soir), les Métaboles ont chanté Svyati de John Taverner puis Métamorphoses de Philippe Hersant,
deux opus dits de musique contemporaine. Si le premier (1995) est une longue mélopée extatique quasi monodique au texte réduit au minimum mais sans cesse répété par onze voix, le second, composé en 2013 sur des poèmes écrits par des détenus de la centrale de Clairvaux, est tout en violence retenue, comme un cri sourd « maquillé », le violoncelle ne prenant souvent toute sa part, « lamento », que pour souligner 'urgence ou le désespoir latent. Une grande oeuvre... un ensemble à l'unisson.