un charme, une chaleur, un tact, bref une humaine intelligence qui atteint sa cible en plein mille

17/03/2021
ConcertClassic- Alain Cochard
Liebeslieder Walzer

Léo Warynski et les Métaboles nous gâtent ! Tandis que vient de paraître un magnifique enregistrement intitulé « The Angels » (NomadMusic) – une réussite sur laquelle nous reviendrons bientôt –, le chef et ses chanteurs étaient à la salle Cortot au début du mois pour un programme Liebeslieder Walzer dont la création a eu lieu dans le cadre du Festival de Royaumont, le 20 septembre dernier. Pour ceux qui l’avaient manqué, comme ceux qui l’ont déjà savouré, le bonheur était grand de le retrouver dans le cadre d’un concert diffusé en direct sur la plateforme Recithall.  
 
L’intitulé pourrait faire accroire que Les Métaboles donnent l’intégrale des Liebeslieder Walzer (Op. 52 & 65) de Brahms ; il n’en est rien. Léo Warynski s’est limité à l’Opus 52 et s’en est servi comme point de départ à la construction d’un programme ouvrant sur des aspects bien plus rares de la production chorale de Brahms – sûrement l’un des pans les moins connus de l’œuvre du musicien allemand. Et de choisir deux des treize Canons op. 113 (les nos 7 et 13), les Quartette op. 112a, les Gesänge op. 42 ou encore les Quartette op. 31 pour précéder le cahier op. 52.

Inspiré par le thème de Der Leiermann, dernière pièce du Winterreise schubertien, le Canon op. 113 n° 13 sur un poème de Rückert « Einförmig ist der Liebe Gram » (le chagrin d’amour est monotone) introduit de façon mystérieuse et prenante l’auditeur dans un labyrinthe qui se prolongera jusqu’aux Liebeslieder Walzer, placés en conclusion. De part en part, l’oreille est séduite par la qualité de la réalisation, tant en ce qui concerne l’intonation que la souplesse de la phrase, l’équilibre entre les lignes et le relief apporté au texte musical. On n’est pas moins admiratif du sens de la caractérisation avec lequel chaque pièce est explorée, qu’il s’agisse de compositions de jeunesse, pleines de charme, tel l’Opus 31, ou de réalisations tardives, et, bien évidemment, dans la première série des Liebeslieder Walzer que Warynski et ses chanteurs abordent avec un charme, une chaleur, un tact, bref une humaine intelligence qui atteint sa cible en plein mille.
 

À cette justesse du propos, la présence pour l’accompagnement des chanteurs d’un piano Streicher de 1847 (prêté par La Nouvelle Athènes), que se partagent Yoan Héreau et Benjamin d’Anfray, apporte beaucoup par la dimension intimiste de la sonorité – parfaitement en situation dans la merveilleuse acoustique de Cortot. Un instrument qui, à quatre mains, permet deux très opportunes parenthèses pianistiques avec les Danses hongroises nos 1 et 2 et quelques valses tirées de l’Opus 39.
 
Espérons que la reprise de Liebeslieder Walzer, prévue au Floréal musical d’Epinal le 21 mai, pourra se dérouler devant un public nombreux. Pour l’heure, il faut encore compter sur le streaming : c’est par ce biais que Léo Warynski et Les Métaboles donneront le 25 mars le concert de sortie du disque « The Angels », en direct de l'abbaye de Royaumont où ils sont en résidence.

La musique vocale de Brahms, sous la direction attentive de Léo Warynski, parle au cœur autant qu’à l’esprit.

14/03/2021
Olyrix - José Pons
Liebeslieder Walzer

Ce nouveau programme de l’Ensemble vocal Les Métaboles dirigé par Léo Warynski, entièrement consacré à Johannes Brahms, présenté en avant-première en septembre dernier en l’Abbaye de Royaumont (lieu privilégié de résidence de ces musiciens et chanteurs) revient, Salle Cortot et en streaming :

Avec les Liebeslieder Walzer de Johannes Brahms, Léo Warynski ouvre une nouvelle page plus romantique au sein de la programmation déjà riche de son ensemble vocal Les Métaboles. Il a souhaité pour ce faire mettre en valeur un piano à queue de Johann Baptist Streicher datant de 1847, aimablement prêté par La Nouvelle Athènes, Centre des Pianos Romantiques. Cette marque de piano était la préférée du compositeur, qui a beaucoup écrit et joué sur cet instrument durant sa période de maturité artistique, ceci jusqu’à sa disparition en 1897. Sur ce projet, Léo Warynski a collaboré avec deux pianistes spécialistes de l’interprétation sur piano d’époque, Yoan Héreau et Edoardo Torbianelli, ce dernier malheureusement retenu en Italie du fait des contraintes sanitaires est remplacé par le jeune et talentueux chef de chant Benjamin d’Anfray actuellement en résidence au sein de l’Académie nationale de l’Opéra de Paris. L’entente artistique des deux pianistes, qui jouent donc à quatre mains, apparaît idéale et particulièrement flagrante. Sur cet instrument qui résonne de façon toute particulière au sein de la petite Salle Cortot, conçue toute en bois, loin du flamboiement des pianos de concert modernes, les Liebeslieder Walzer pour 8 solistes vocaux, se parent d’une authenticité basée sur l’émotion première et sur la saveur de l’essentiel. Les voix se mêlent et se démêlent dans un camaïeu de couleurs et de timbres, ce dans une intimité propice et presque bienveillante. La musique vocale de Brahms, sous la direction attentive de Léo Warynski, parle au cœur autant qu’à l’esprit.

En première partie de soirée, l’émotion déjà démontre sa présence avec deux canons de l’opus 113 (7 et 13) durant lesquels les solistes vocaux font preuve d’une maîtrise complète et d’une qualité d’ensemble de premier plan, aspects significatifs renforcés par l’interprétation a cappella du Weltliche Gesänge (chants profanes) opus 42. Les Danses hongroises 1 et 2 pour piano à quatre mains et plusieurs courtes Valses de Brahms tirées de l’opus 39 complètent une soirée de qualité qu’il est possible de retrouver, soit sur la plateforme en ligne Recithall ou au Floréal Musical d’Épinal le 21 mai prochain. 

... la pureté de la couleur chorale et la précision du chant

09/03/2021
premières loges - Gilles Charlassier
Liebeslieder Walzer

Six mois avec un premier concert à Royaumont en fin septembre 2020, où la relative accalmie de la pandémie avait autorisé le public, c’est à huis clos, salle Cortot, et avec une diffusion sur RécitHall, que l’ensemble Les Métaboles redonne, en ce vendredi 5 mars 2020, le programme articulé autour des Liebeslieder Walzer de Brahms, qui, par ailleurs, met en valeur un piano d’époque, confié aux doigts de Yoan Héreau et Benjamin d’Anfray, ce dernier remplaçant Edoardo Torbianelli, retenu par les restrictions imposés aux déplacements internationaux en ces temps de crise sanitaire et politique.

La soirée s’ouvre sur deux Canons de l’opus 113, n°s 7 et 13, reprenant deux lieder du Winterreise de Schubert. Si le rubato de l’écriture romantique est moins familier aux solistes des Métaboles, experts dans le répertoire contemporain, la pureté de la couleur chorale et la précision du chant sert la lisibilité de la polyphonie comme celle du texte et d’émotions distillées avec une belle pudeur. On retrouve cette retenue dans les deux Quartette op. 112a et les trois Quartette op. 31, dans lesquels le dessin vocal esquisse de délicates aquarelles, équilibrées avec soin. Les Weltliche Gesänge op. 42 confirment ce cisèlement du matériau, dans une évidente alchimie entre le verbe et la texture chorale éclairant la musicalité de la langue allemande.

Ce corpus est tressé de deux séquences purement instrumentales, à quatre mains, qui mettent en avant la clarté de la sonorité et de l’articulation harmonique de l’instrument, en parfaite symbiose avec l’esthétique défendue par Léo Warynski et son ensemble Les Métaboles. Les deux premières Danses hongroises WoO1, dans leur version princeps pour clavier, distillent un balancement galbant d’élégance la source populaire et folklorique, qui s’affirme également dans les cinq numéros puisés dans le recueil de Walzer op.39 (les n°s 1, 4, 5, 15 et 16).

Ce sens de la carrure et de l’expression est magnifié dans le cycle des Liebeslieder Walzer op. 52, qui, dans la déclinaison d’une remarquable variété de configurations aux confins d’un mini-théâtre intime, offre à la plupart des solistes une tribune à sa singularité vocale, sans que ce camaïeu n’altère l’unité de l’ensemble. Le recueil se parcourt ainsi comme un album de miniatures – en un héritage que d’aucuns pourraient dire schumannien. A la fois attentifs aux détails comme à la dynamique et à l’architecture de ce voyage musical, les interprètes livrent une lecture sensible de ces Liebeslieder Walzer refermant une soirée brahmsienne intime qui pourra peut-être rencontrer à nouveau un public autre que derrière un écran, à Epinal, si les restrictions sont levées le 21 mai prochain.

...la qualité transcendante du concert de l'Ensemble intercontemporain et du chœur Les Métaboles

03/02/2021
Figaro - Christian merlin
Cummings

Mais on retiendra avant tout la qualité transcendante du concert de l'Ensemble intercontemporain et du chœur Les Métaboles dirigés par Léo Warynski. La fluidité et les dégradés de nuances dont il fait preuve dans le très subtil Cummings ist der Dichter confirment un chef de premier ordre. Et comme Boulez préférait la création au musée, justice est rendue à la nouveauté, avec l'éloquent Rite de la nuit noire de François Meïmoun, et surtout le chef-d'œuvre incontestable qu'est le Requiem de Francesco Filidei

Léo Warynski a apporté une nouvelle preuve de son talent et de son éclectisme

28/01/2021
ConcertClassic- Alain Cochard
Cummings

LÉO WARYNSKI DIRIGE LES MÉTABOLES ET L’EIC À LA CITÉ DE LA MUSIQUE (STREAMING) – LE CHOC FILIDEI

Presque un an après un superbe disque « Jardin féerique » à la tête de son chœur Les Métaboles, quelques semaines après avoir dirigé avec succès Akhnaten de Philip Glass avec les forces de l’Opéra de Nice, Léo Warynski a apporté une nouvelle preuve de son talent et de son éclectisme à la Cité de la musique lors d’un concert Boulez, Palestrina, Filedei et Meïmoun (avec Les Métaboles et l’Ensemble Intercontemporain) inscrit dans le cadre de la Biennale Boulez. Un rendez-vous sans public diffusé en streaming, auquel la presse pouvait assister avec toutes les précautions d’usage.
 
Aussi remarquable chef de chœur que d’orchestre, Léo Warynski ouvre le programme par Cummings ist der Dichter de Boulez (une pièce sur un texte de e. e. Cummings élaborée en 1970 et révisée en 1986) : on ne peut qu’être admiratif de la précision avec laquelle il explore l’ouvrage ; précision jamais sèche ni excessivement tranchante qui sait restituer toute la vie intérieure de la partition.
Saut dans un passé lointain ensuite avec le Stabat Mater pour double chœur de Palestrina que le chef et ses choristes abordent avec autant de fluidité que d’équilibre. La présence du compositeur de la Renaissance finissante dans ce contexte peut a priori étonner ; elle se comprend mieux en fonction de l’ouvrage qui lui succède, de l’Italien Francesco Filidei (né en 1973), un compositeur admiratif de la « perfection quasi magique » des œuvres de l'ancien maître de chapelle de Saint-Pierre de Rome.

Son Requiem pour 16 voix et ensemble instrumental (en première française, la création mondiale a été donnée à la Casa da Música de Porto le 20 octobre 2020, sous la direction de Peter Rundel) obéit à la structure classique (Introït, Kyrie, Dies irae, Agnus Dei). «Un fantôme qu’il faut habiter de l’intérieur », dit F. Filidei de sa rencontre avec la forme requiem – forme « morte » à ses yeux –, maintes fois illustrée dans l’histoire de la musique. Quelle rencontre !, et quel choc pour l’auditeur que cette partition d'un seul tenant, d’une densité rare qui, dès les premières notes vous happe, telle une berceuse infernale, et vous tient en haleine une demi-heure durant, jusqu’au libérateur Agnus Dei conclusif, par la nécessité de son propos, la variété de ses textures – et une théâtralité fièrement revendiquée !  Forme morte que le requiem ? En ce début de XXIe siècle, Filidei ajoute en tout cas un authentique chef-d’œuvre à une liste déjà longue.

Conclusion purement orchestrale, Le Rite de la nuit noire. Voyage d’Artaud au Mexique pour seize instrumentistes (en création) de François Meïmoun (né en 1979) s’inspire du « rite du soleil » chez les indiens tarahumas. «J’ai voulu composer et mettre en scène une musique droguée », confie le jeune compositeur au sujet d’une pièce, fermement conduite par L. Warynski, qui capte certes l’attention durant ses premières minutes mais se prend trop à son jeu, paraissant bientôt longuette tant par sa répétitivité que son excessive compacité.

Honneur à Boulez à la Philharmonie par les Métaboles et l’Intercontemporain

25/01/2021
Resmusica -Patrick Jézéquel
Cummings

On comprend que Pierre Boulez (1925-2016) ait été séduit par la poésie d’E. E. Cummings (1894-1962), centrée sur la grammaire et radicale dans son exploitation des pouvoirs insoupçonnés de l’écriture, tout comme de ceux de la typographie et de la disposition du texte sur la page. Qu’il le considère ainsi comme « Le » poète (« der Dichter ») et qu’il ait voulu donner à entendre ce qui joue sur les effets de sens les plus imperceptibles, en déplaçant, masquant, défigurant les signes linguistiques et les marques de ponctuation. Elle-même jubilatoire, foisonnante et vibrionnante, Cummings ist der Dichter (1970), superpose les longues tenues vocales et une activité orchestrale fébrile et plus discontinue. Résultat : la fusion heureuse d’une nappe sonore suspendue à sa lente transformation et le surgissement d’événements brefs qui viennent la bousculer. La pièce de Boulez est ainsi perçue, à l’égal du poème de Cummings, comme ce qui arrive. Visiblement heureux de la diriger, Léo Warynski, tel un prédicant, se tourne à la fin en brandissant la partition. Stabat Boulez !

« Cummings » est le titre de cette célébration musicale, sans doute pour insister sur la place éminente que le Verbe y occupe. Composé sur un texte médiéval relatant la souffrance de Marie éplorée devant son fils crucifié, le Stabat Mater (c. 1590) de Palestrina pour huit voix est écrit dans le style antiphoné, seize chanteurs étant séparés en deux chœurs. D’emblée, l’auditeur est porté par ce qui fleure bon le chant grégorien et touche au sublime avec une sorte de détachement, mais sans froideur. Et c’est avec une impression de naturel que les Métaboles portent ce très beau moment flottant où impersonnel rime avec intemporel.

La magie que dégage une perfection atteinte, c’est ce que relève Francesco Filidei (né en 1973) au sujet de Palestrina, qu’il cite d’ailleurs dans son opéra Giordano Bruno (2016). Les polyphonies de la Renaissance sont encore là dans son Requiem (2020), commande de l’Ensemble Intercontemporain, des Métaboles et de la Casa da Musica de Porto, donné aujourd’hui en création française. Y alternent, dans une dynamique dramatique, des plages méditatives et des épisodes précipités d’une « théâtralité opératique », comme l’indique lui-même le compositeur. Ainsi le rhombe commence-t-il par nous faire entrer dans la danse du temps, manifestant le présent dans sa permanence et l’inscrivant dans un temps immémorial dans lequel lentement sont gravées par des chanteurs hiératiques (16 en tout) les premières syllabes du requiem. Un climat est posé. C’est magnifique. Les instruments (17 en tout) font progressivement leur entrée, tout d’abord les cordes frétillant dans des tremolos pianissimos, avant que l’orchestre ne gonfle dans un crescendo qui finit par s’éteindre abruptement, comme souvent chez Filidei. Introït, Kyrie, Dies Irae, Agnus Dei : le canon liturgique est respecté à la lettre ; à la musique, et seulement elle, de réinventer un genre ancien et figé. Si la présence lointaine de Ligeti peut se faire entendre dans le Kyrie, le Dies Irae, beaucoup plus charnel, plus fort, plus rythmé, se place sous le signe de Verdi. La tension retombe dans la lente respiration du chant qui s’élève et décline dans une fin apaisée. Le souffle léger du rhombe referme la boucle. Nul doute que le Requiem de Filidei fera date !

Pour finir, une pièce purement instrumentale, commandée par l’Ensemble Intercontemporain et donnée en création mondiale. Le Rite de la nuit noire / Voyage d’Artaud au Mexique (2020) de François Meïmoun (né en 1979) se présente comme une œuvre d’un seul geste lancé sur un pied de guerre dans le registre grave, le beau chaos d’une écriture très serrée et sans aucune relâche. Le compositeur a voulu transcrire l’effet du peyotl sur la musique, qui semble effectivement hallucinée. Du peyotl, petit cactus poussant au Mexique, les indiens Tarahumaras tirent une drogue qu’ils utilisent lors d’un rite de transe. En 1936, Artaud assista à l’un d’eux. Un thème se déploie à plusieurs vitesses, porté par les bois et les cuivres, tandis que les deux timbaliers s’en donnent à cœur joie et que le piano tente d’exister dans sa solitude de soliste. Tout est joué forte et presto. Presque une épreuve pour l’auditeur. Un œuvre réussie pour conclure ce programme, marqué par un engagement total.

... la combinaison de clarté dynamique et d'agile énergie qui caractérise Léo Warynski

23/01/2021
Olyrix - Charles Arden
Cummings

Naissance et Re-Naissance, passionnées et passionnantes, sont au programme de ce concert capté dans la Cité de la Musique-Philharmonie de Paris. La musique de Pierre Boulez continue ainsi de renaître cinq ans après sa mort, la musique continue de naître avec le fascinant Requiem de Francesco Filidei (né en 1973 et qui avait notamment marqué le monde lyrique par son opéra L'Inondation), d'autant que cette renaissance résonne avec le Stabat Mater de Palestrina (compositeur de la Renaissance musicale : au XVIe siècle à Rome). La musique continue ainsi de renaître même en temps de confinement, captée et à huis clos mais grâce à l'immense travail continu de l’Ensemble intercontemporain, de l'Ensemble vocal Les Métaboles et de Léo Warynski. Le chef rappelle même, avant le concert, combien les musiciens ont besoin de ce retour à la musique et de cette présence physique.

Le plaisir de retrouver la musique est ainsi visible et audible, pour ces instrumentistes et chanteurs qui tous et ensemble, exploitent la richesse de leurs timbres individuels au service du projet musical commun (guidés par la combinaison de clarté dynamique et d'agile énergie qui caractérise Léo Warynski). Pourtant, que les timbres et jeux sont riches dans ces musiques ! Une disposition le figure, parmi bien d'autres : les cuivres partagent les pupitres mais chacun a une petite table avec ses différentes sourdines (comme autant de variations sonores à exploiter). La contrebasse à elle seule traduit cette richesse : loin de seulement jouer les utilités en doublant le son du violoncelle dans le grave, elle a ici une place soliste de choix et même d'honneur, au premier rang, en face à la droite du chef (la place d'un premier violoncelle). 

Cette richesse instrumentale dialogue pleinement avec la richesse vocale dans Cummings ist der dichter de Boulez et le Requiem de Francesco Filidei. La première détaille et nimbe à la fois la fascination des poèmes d'E. E. Cummings (1894-1962). La seconde articule chaque syllabe liturgique du Requiem, avant de ressouder les phrases. Les deux composent un indissociable lien de dialogue entre musique instrumentale et chant : deux plaques tectoniques qui se répondent, résonnent et s'affrontent dans un équilibre savant même dans leurs plus grands éclats d'intensité. Les voix doivent et savent déjà filer, dès les puissantes intensités sur les grands accents, la douceur et longueur de souffle qui se prolongera dans les résonances decrescendo. Les Métaboles mettent la richesse universelles et individuelles des voix dans le Stabat Mater de Palestrina au service de Boulez et Filidei, le motet de la Renaissance tardive étant idéalement placé entre les deux pièces contemporaines.

Le concert se referme sur une cavalcade : Le Rite de la nuit noire. Voyage d’Artaud au Mexique (création mondiale de François Meïmoun). De rares clairières musicales sur des mélodies pentatoniques (aux couleurs d'Asie) reconfigurent des rythmes obstinés martelant cette œuvre, constamment intense et frénétique. Une pièce qui aurait bien mieux convenu pour débuter le programme en lançant le geste énergétique, une pièce qui était initialement attendue en deuxième place du programme mais qui a visiblement due être reportée en fin de concert pour aider les musiciens à prendre le temps de se chauffer, de se déconfiner musicalement.

Un échauffement qui contribue aussi à ce sentiment de Re-Naissance.

...on a la certitude d’avoir assisté à l’éclosion d’une œuvre majeure de notre temps

22/01/2021
Toute la Culture - Gilles Charlassier
Cummings

Hommage à une des figures majeures de la musique de la seconde moitié du vingtième siècle – et des premières années du vingt-et-unième, la Biennale Boulez à la Philharmonie de Paris s’affirme comme un des grands rendez-vous de la saison en matière de musique contemporaine. Le programme présenté par Léo Warynski à la tête de l’Ensemble Intercontemporain et de son ensemble Les Métaboles condense idéalement cette inscription de la musique d’aujourd’hui au cœur même du répertoire.

C’est avec une pièce relativement peu jouée de Boulez que s’ouvre le concert, Cummings ist der Dichter, pour seize voix et orchestre. Organisée autour de la superposition de la couche vocale, tissu modulatoire de phonèmes plutôt que de mots, et d’une ponctuation instrumentale recherchée et évolutive, la pièce met en valeur la qualité des solistes des Métaboles, avec une articulation aussi souple que précise au plus près de la matière sonore, et que l’on retrouve dans l’admirable décantation du Stabat Mater de Palestrina, interprété dans une disposition de consort quasi intimiste assez en usage dans la musique de la Renaissance. La polyphonie se déploie avec un dépouillement et une pureté qui résonnent comme une évidence, et dont la décantation répond au complexe kaléidoscope boulézien.

Créé à la fin de l’année 2020 à la Casa da Musica de Porto, commanditaire conjoint avec l’Intercontemporain, le Requiem, pour voix et ensemble, de Francesco Filidei, donné en première française, est le fruit d’un musicien inspiré en pleine possession de ses moyens. Sans céder à la facilité, l’oeuvre est de celles qui affirment assez de générosité pour attirer vers elles l’auditeur et l’inviter à l’exploration de leur univers musical. Car la richesse de l’écriture, tant orchestrale que vocale, de la pièce façonne une dramaturgie aux confins du rituel, où l’effet s’enracine dans une plongée au cœur du grain sonore. La longue séquence étale inaugurale immerge dans un espace indéfini, teinté de mystère et d’attente, et habité par des couleurs parfois étranges qui se confrontent à la plasticité du silence. Le Dies Irae dégage une puissance irrésistible, où l’empreinte implacable du rythme modèle de façon organique l’entropie harmonique. Le raffinement et le cisèlement des saveurs instrumentales, constant tout au long des quarante minutes de la partition, se conjugue à une authentique jubilation imprégnée d’une spiritualité indifférente aux chapelles religieuses. Cette œcuménisme que l’on retrouve dans une palette aussi large que personnelle n’hésite pas à distiller un lyrisme d’une pureté ineffable, comme dans le Lacrymosa. A la fin de ce Requiem qui, chose assez rare dans la création contemporaine, marque durablement l’auditeur, on a la certitude d’avoir assisté à l’éclosion d’une œuvre majeure de notre temps. Le prolixe et touffu Rite de la nuit noire – Voyage d’Artaud au Mexique de François Meïmoun, autre commande de l’Intercontemporain, donné en guise d’épilogue, contraste par son écriture au fond passablement fruste, propice à une jouissance furieuse, du moins des instrumentistes. Le choix du mélomane, lui, sera sans doute fait.

Biennale Pierre Boulez - Créations signées François Meïmoun et Francesco Filidei

21/01/2021
Anaclase - Bertrand Bolognesi
Cummings

Alors qu’il travaille à Oubli, signal lapidé, une pièce pour douze voix sur des vers d’Armand Gatti (retirée du catalogue) que l’Ensemble Marcel Courau créerait à Cologne à l’automne 1952, Pierre Boulez découvre, à l’invitation de John Cage, l’œuvre du poète étasunien Edward Estlin Cummings. Plongé dans l’univers de Mallarmé qui le conduira, à partir de 1958, à construire Pli selon Pli volontiers considéré par les commentateurs comme son chef-d’œuvre, le musicien fait en 1970 une halte du côté de Cummings dont la poésie lui semble d’emblée offrir une continuité plus ou moins mallarméenne. À sa création à Ulm le 25 septembre 1970, cummings ist der dichter – contrairement à l’allemand qui convoque la majuscule pour chaque nom commun (Dichter) et à la convention de la majuscule pour le nom propre, le titre n’utilise que des minuscules, comme en double-écho à la signature usuelle du poète qui s’en privait (e. e. cummings)– a nécessité deux chefs (Boulez lui-même et Clytus Gottwald), tant la pièce présentait de difficulté. Lorsqu’il la révise en 1986, l’auteur la simplifie considérablement, en favorise la perception optimale et renonce à sa dimension ouverte d’origine. De cette page moins fréquentée conçue pour seize voix mixtes et vingt-sept instruments – parmi lesquels trois harpes, déjà, qui solutionnent les affres de l’écriture pour ce médium –, l’on goûte, dans la lecture vive de Léo Warynski, à la tête du chœur Les Métaboles et de l’EIC, la fort belle profondeur des timbres, mise en relief par la clarté des voix.

Après une interprétation subtile du bref Stabat Mater de Giovanni Pierluigi da Palestrina qui en livre toute la finesse, le programme se poursuit par la première française du Requiem pour voix et quinze instrumentistes de Francesco Filidei dont la création mondiale fut assurée par Peter Rundel à la tête du Coro Casa da Música et du Remix Ensemble, le 20 octobre 2020 à Porto. Évoquant volontiers le genre requiem comme « un fantôme à habiter de l’intérieur » dans l’entretien mené par Thomas Vergracht (brochure de salle), le compositeur toscan s’affirme bien conscient du poids du passé, à la fois liturgique et musical : plutôt que d’opter pour une attitude timorée, ce qui aurait d’ailleurs risqué de limiter l’approche au renoncement pur et simple, l’artiste se saisit des archétypes, entre le théâtre appuyé de Verdi pour le Dies iræ et la suspension extatique de Duruflé quant au Kyrie, entre autres références avouées. Après une entrée fort intrigante où accordéon et rhombe se marient dans une sonorité mystérieuse, un ostinato s’enrichit progressivement jusqu’à la rupture, soit l’arrivée du texte : re-qui-em choral espacé, fragmenté, dont frappe la radicale dessiccation. Suspendu aux cloches, le Kyrie se révèle dolent au fil d’une sorte de continuo enveloppant. Des scansions chuchotées donnent au Dies iræ un lustre presque tribal que rehaussent percussions et sifflets. En quasi-surplace, l’électricité répétitive de Rex tremendæ est confrontée à l’instrumentarium inventif cher au musicien. Soudain surgit une manière de chants populaires, séduisante bigarrure surnuméraire bientôt suivie par quelques cris confiés aux instrumentistes eux-mêmes, quand les choristes revêtent le masque actuellement réglementaire. Succédant à l’isolement solistique du Lacrymosa, l’écriture de l’Agnus Dei se pare d’un archaïsme saisissant, pour finir dans le funèbre zéphir liminaire.

Auteur du brillant essai La construction du langage musical de Pierre Boulez, François Meïmoun s’est tôt attaché à l’œuvre entière d’Antonin Artaud. En réponse à la commande de l’EIC, il s’est penché sur l’un des textes réunis dans Les Tarahumaras (L'Arbalète, 1955) : Tutuguri, Le rite de la nuit noire et de la mort éternelle du soleil. C’est dans ce texte même que Boulez avait trouvé l’inspiration de Marges, opus imaginé pour Les Percussions de Strasbourg sur lequel il travailla entre 1961 et 1964 sans le mener à terme et dont il reportera dix ans plus tard certains éléments sur Rituel in memoriam Bruno Maderna (1974). En 1936, Artaud rencontre les peuples du Mexique et assiste à leurs rites. Il rédige la description de l’érotique du peyotl dont aujourd’hui Meïmoun se saisit par une danse sans fin, à l’énergie autorégénérante, déroulé de plus en plus rapide auquel se superpose sa coagulation lente, conforme aux propos qu’il a pu recueillir de personnes ayant expérimenté les vertus psychotropes du petit cactus – parmi lesquelles est d’ailleurs extraite la mescaline que fréquenta beaucoup Henri Michaux, autre poète présent chez Boulez dans une œuvre aussitôt retirée du catalogue (Poésie pour pouvoir, 1958). De fait, il y a près de cinq ans François Meïmoun écrivit La danse du peyotl pour piano à quatre mains que Marie Vermeulin et Vanessa Wagner ont créée à l’automne 2016. Le Rite de la nuit noire. Voyage d’Artaud au Mexique pour seize instrumentistes n’est en rien une orchestration de cette page mais l’expression du désir du compositeur d’en étendre l’hyper-registration plus loin encore, grâce aux couleurs mises à disposition de son imaginaire. Une part importante y est accordée aux vents ainsi qu’au piano, socle sur lequel l’omniprésence rythmique se développe, par-delà la convocation d’une percussion parfois explosive. De ce geste déflagrant et répété, varié, condensé, qui prolifère sur lui-même en ses incises fifrées, surgit un lyrisme étonnant. Dans sa Notation II pour orchestre (1980), Boulez explorait comparable forge, à ceci près que cela durait deux minutes : l’œuvre fiévreuse de Meïmoun tient le pari vingt-cinq minutes durant, sans décrocher de cet extraordinaire frémissement textural que conclut un très puissant sforzato libérateur – un tour de force défendu avec engagement et bravoure par l’EIC et Léo Warynski à qui cette création mondiale est confiée.

Les Métaboles s'impose décidément comme un astre de première importance.

18/05/2020
Télérama - Sophie Bourdais
Jardin féérique - album

De Ravel à Saint-Saëns ou Britten, le groupe vocal les Métaboles, nous ouvre les portes de son éden

Besoin d'air ? "Jardin féérique", album bucolique, troisième opus des Métaboles, vous tend les bras. On y parcourt ou on y fantasme une nature plus ou moins apprivoisée. Aphrodite, déesse de l'Amour, s'y émeut des sons divins produits par Sainte Cécile, patronne des musiciens, et des créatures surnaturelles peuplent le joli bois d'Ormonde. Les soirées sont longues, méditatives, envoûtantes. Le drame couve quand les oiseaux du paradis reviennent de la guerre, et disparaît lorsque John le paresseux trouve l'amour en coupant des genêts....
Dans ce jardin extraordinaire, on trouve des humains qui chantent l'anglais aussi bien que le français, avec des belles voix expressives, capables de s'adapter à différentes écritures et de (re)créer à chaque fois l'atmosphère qui convient. 
Le répertoire mélange pièces connues, comme les "Trois Chansons" de Maurice Ravel (1875-1937), et d'autres qui le sont moins, telles ces transcriptions du "Jardin féerique "et de "La Vallée des cloches", issues des cycles ravéliens "Ma Mère l'Oye" et "Miroirs". Les pièces nostalgiques de Camille Saint-Saëns (1835-1921) sont à redécouvrir, l'"Hymn to St Cecilia", de Benjamin Britten (1913-1976), ainsi que ses "Five Flowers Songs" séduisent particulièrement , et R. Murray Schafer (né en 1933) offre un post scriptum à la vocalité exubérante. Dans la galaxie du chant choral a cappella, l'ensemble les Métaboles, fondé en 2010 et dirigé par Léo Warynski, s'impose décidément comme un astre de première importance.

… Un programme odorant et coloré. A écouter sans modération

25/04/2020
La Croix - Emmanuelle Guliani
Jardin féérique - album

Le Jardin vocal de Léo Warynski

Dans son dernier enregistrement, le musicien dirige son ensemble les Métaboles dans un programme odorant et coloré. A écouter sans modération

« Le programme d'un disque ou d'un concert devrait toujours être harmonieux, parfumé et accueillant comme le plus beau jardin », confie Léo Warynski. A fortiori quand il est tissé d'une guirlande de pièces évoquant la nature, enivrante, apaisante ou, parfois, inquiétante.
Le dernier enregistrement du jeune chef à la tête de son ensemble les Métaboles s'ouvre par la transcription pour choeur, signée Thierry Machuel, du "jardin féérique" de Maurice Ravel. « Ce fut le point de départ du projet, la première étape du parcours, explique Léo warynski. Ensuite, de manière libre, j'y ai associé des partitions qui me tiennent à cœur comme les Trois chansons, également de Ravel, qui comptent parmi ses plus extraordinaires créations »

Passant d'un sentier ombreux à une allé ensoleillée, d'une clairière à une fontaine, l'auditeur-promeneur croise Benjamin Britten ou Camille Saint-Saëns. Du premier "L'Hymne à sainte Cécile" sur un poème mystérieux et sensuel d'Auden ou les "Flower songs" aux fragrances entêtantes ; du second, des romances aimables et caressantes « je serai heureux de contribuer à mieux faire apprécier Saint-Saëns, qui n'a pas toujours bonne presse. Il a eu le malheur d'être le contemporain de génies visionnaires – Berlioz, puis Debussy - , qui, par comparaison, lui ont valu une réputation d'académisme ».

La tentation est puissante d'associer aux voix des Métaboles le vocabulaire réservé aux essences rare : texture délicate rehaussée de teintes éclatantes, brillant et flexibilité, raffinement, opulence, griserie et fraîcheur... « Nous cherchons à développer la palette la plus variée et la plus expressive. Un travail qui passe par l'appropriation intime du texte de chaque pièce. Sa signification globale mais aussi la « personnalité de chaque mot, de chaque syllabe... » Et d'expliquer comment la sonorité de la finale « or » de « trésor » doit se distinguer de celle du « ort » de la « mort ».
Depuis l'Alsace où il réside durant le confinement, Léo Warynski s'attache à ne pas perdre le contact physique avec la musique. « Je prends mon violoncelle et nous jouons en duo avec mon père, guitariste. Moments tout simples, moments magiques ». Il préserve aussi le contact avec ses amis des Métaboles et pense aux projets à venir : autour de la musique ancienne puis, en janvier 2021, du Requiem du compositeur italien Francesco "Filidei", dont il assurera la création avec l'Ensemble Intercontemporain. Il détaille aussi avec émotion un programme auquel il tient particulièrement : le Britanique Jonathan Harvey y est mis en regard avec des maîtres du passé comme Byrd, Purcell mais Palestrina. « La dernière œuvre de Harvey, avant son décès en 2012, est une magnifique Annonciation, écrite sur un thème issu du "Stabat Mater" de Palestrina. Quel symbole ! »

La place de premier plan que les Métaboles occupe dans le paysage choral.

20/04/2020
ConcertClassic - Alain Cochard
Jardin féérique - album

Près de quatre ans après la sortie d’ « Une nuit américaine », admirable panorama de la production chorale a cappella étatsunienne entre 1920 et le tout début de ce siècle, le chœur Les Métaboles nous gâte à nouveau avec « Jardin féerique », album à dominante française qui vient rappeler la place de premier plan que la formation fondée et dirigée par Léo Warynski occupe dans le paysage choral.
Le disque est dès à présent disponible et on ne peut que chaudement recommander à tous les amateurs de ce répertoire de s’y plonger ; il fera leurs délices !

Un délicieux voyage choral et floral

08/04/2020
Sélection Figaro - Thierry Hillériteau
Jardin féérique - album

On ne peut que saluer ici la qualité des équilibres sonores et de la diction des dix-huit chanteurs des Métaboles. Tant dans l'exercice de la transcription (Jardin féérique, adapté de Ma mère L'oye par Thierry Machuel) que le répertoire plus contemporain (Miniwanka de Schafer). Un délicieux voyage choral et floral.

5 diapasons

01/04/2020
Diapason - Benoit Fauchet
Jardin féérique - album

Ce jardin féérique confirme que l'amateur de choeur a cappella peut désormais compter sur l'ensemble de Léo Warynski. Le jeune chef a la main assez verte pour cultiver un riche territoire et filer la métaphore naturaliste.

...un répertoire original et, surtout, une forte identité musicale

01/04/2020
5 étoiles Classica - Jacques Bonnaure
Jardin féérique - album

Le son d'ensemble des Métaboles est intéressant, à la fois solide et raffiné, très précis et clair, avec des solistes du plus haut niveau. Il est évident que, sous la direction de Léo Warynski, cet ensemble s'est forgé un répertoire original et, surtout, une forte identité musicale.

Un programme audacieux, original et intelligemment conçu

29/03/2020
Resmusica - Pierre Degott
Jardin féérique - album

L’ensemble Les Métaboles, conduit par son chef et créateur Léo Warynski, poursuit son exploration du répertoire choral a capella.
Cela nous vaut quelques belles découvertes de pièces rarement entendues, comme par exemple les Trois chansons pour chœur a capella de Ravel, sur un texte du compositeur, ou encore un certain nombre de pièces de Saint-Saëns dont l’une, Les Fleurs et les arbres a également été écrite par son compositeur.
La cohérence thématique du programme est assurée par le sujet récurrent de la nature, qui informe autant les pièces des compositeurs français que les Five Flower Songs de Britten, dont le texte est emprunté à différents poètes. Du grand musicien anglais, on entend avec plaisir le superbe Hymn to St. Cecilia, pièce bien connue Outre-Manche mais, de façon inexplicable, rarement jouée en France. Ce cycle écrit sur un texte du poète W.H. Auden était censé renouer avec la tradition des Odes à Sainte-Cécile de la fin du dix-septième siècle anglais.
Le CD s’achève sur le très contemporain Miniwanka or The Moments of Water du compositeur Raymond Murray Schafer, ouvrage qui complète astucieusement le programme thématique de l’album par ses tentatives d’imitation du bruit de l’eau.

Riche sans luxe inutile, l’interprétation des Métaboles séduit toujours par la justesse des dosages

27/03/2020
Le Monde - Pierre Gervasoni
Jardin féérique - album

Pour témoigner du niveau d’excellence qu’il a atteint après dix ans d’existence, l’ensemble Les Métaboles ne saurait trouver mieux que la première plage de ce disque. La superbe transcription du "Jardin féérique" de Ravel, réalisée par Thierry Machuel, lui permet de se déployer à l’infini dans un espace choral que viendront ensuite traverser d’autres planètes au séjour tour à tour apaisant ("Romance" du soir de Saint-Saëns), onirique ("La Vallée des cloches", de Ravel, transcrite par l’orfèvre Clytus Gottwald) et hédoniste (diverses pages de Britten). Riche sans luxe inutile, l’interprétation des Métaboles séduit toujours par la justesse des dosages que sait obtenir leur chef, Léo Warynski. En particulier, dans le savoureux "Miniwanka or the Moments of Water", de Raymond Murray Schafer, qui clôt ce parcours enchanteur

Ovationnés par un public d'abord étonné, puis surpris et enfin conquis

30/09/2019
DNA
De Profundis au Festival de Ribeauvillé

Moderniser l'ancien
Avec marc-Antoine Charpentier et son cadet d'une (grande) génération Johann Sebastian Bach, l'auditeur sait que, sauf cataclysme improbable, il va naviguer dans les eaux sécurisantes bien que quelque fois surprenantes d'une esthétique rodée, d'une thématique connue ; il va guetter le "petit rien" qui fait la signature du chef ou du soliste, leur audace à sortir de sentiers mille fois battus en mettant en lumières des opus peu joués... Léo Warynski a fait tout cela avec "ses" Métaboles, donnant une dimension à couper le souffle à la messe des morts du compositeur français, jouant des contrastes et de complémentarités sonores entre les différentes voix, mettant en espace, quasi quadriphonique, le "Transfige dulcissime Jesu" avant de proposer une lecture très enlevée du choral "Aus tiefer Not" du Kantor.
Mais c'est avec le "Psaume CXXX de Philippe Hersant, composé en 1995, que la musique a fait preuve de sa capacité "à abolir à la fois le temps et les siècles", selon les mots du chef de choeur ; un texte identique à celui du choral l'ayant précédé dans le programme, un même instrumentarium réduit à l'essentiel avec une viole de gambe et l'orgue positif qui tissent un climat plus dramatique que chez Bach pour revenir par instants à une intériorité "à la Schütz" sur laquelle le choeur mixte à quatre voix vogue en seigneur.
La modernité, l'actualité chez Hersant, c'est dans ses contrastes, ses fulgurances sonores, ses oppositions entre presque silence et grandes architectures vocales qu'elles se nichent... Ovationnée par un public d'abord étonné, puis surpris et enfin conquis. "

Le chœur Les Métaboles s’est illustré avec talent et subtilité

17/09/2019
Classique mais pas has been - Nathalie Niervèze
Une nuit américaine au Festival de la Chaise Dieu

Outre les grandes pages du répertoire symphonique toujours interprétées magistralement dans un cadre extraordinaire, le festival de La Chaise-Dieu (Haute-Loire) permet de découvrir des petits bijoux. Découvrez ici l’ensemble vocal Les Métaboles qui se plaît dans le répertoire choral américain.

Samuel Barber ? On connaît son Adagio pour cordes. Aaron Copland ? Morton Feldman ? Ces noms ne sont pas inconnus mais connaissez vous Steven Stucky et Eric Whitacre ? Le chœur Les Métaboles s’est illustré avec talent et subtilité dans l’œuvre de ces polyphonistes, certes peu connues, mais dont la musicalité et l’écriture n’a rien à envier à Palestrina, ou à Gesualdo.

Ces œuvres aux couleurs tantôt acidulées tantôt jazzy et aux tons sombres ou sensuels – les délicieuses dissonances de Whispers signées Steven Stucky donnent en effet des frissons redoutables – ont chatoyé nos oreilles grâce aux voix chaudes et rondes de l’ensemble. Les Métaboles ont fait preuve de beaucoup de générosité et de simplicité. Tout doux, le To Be Sung on the Water de Barber est une caresse. Les œuvres jouent avec les mots et les sonorité, à l’image de Sleep (Eric Whitacre) qui se termine… en chuchotements ! Chanter a cappella tout un concert relève de l’exploit, que le chœur, dirigé de la main toujours mesurée de Léo Warynski, réussi avec justesse.

Nul besoin de toujours vouloir montrer ses muscles donc, car même les petites choses, à l’image de ce beau concert, peuvent séduire le public.

Des chanteurs libérés de toute tension et encore plus rayonnants..

17/09/2019
Diapason - Pierre Rigaudière
The Angels au Festival de Royaumont

La Fondation Royaumont s'anime traditionnellement vers la fin août, sous l'effet de son académie Voix Nouvelles, destinée à de jeunes compositeurs et compositrices - cette année, la parité exacte s'imposait d'elle-même.

Cette fois a cappella, Les Métaboles sont, avec leur concert « The Angels », au cœur de la thématique « En vol » du week-end. On décolle effectivement avec un programme concocté par le très efficace Léo Warynski, dont la musique vocale de Jonathan Harvey est le cœur et résonne naturellement avec Byrd, Palestrina et Purcell. La pièce commandée par la Fondation Royaumont à Jack Sheen, ancien lauréat de l'académie, prend facilement place dans ce programme dont elle constitue le versant le plus sombre et vacillant, tendue par des pseudo-répétitions obsédantes. Douce et empreinte d'un hédonisme harmonique qui l'apparente à la veine chorale scandinave et baltique, la musique méditative de Harvey reflète son inspiration bouddhiste. Reprise lors du rappel par des chanteurs libérés de toute tension et encore plus rayonnants, la courte pièce The Angels s'inscrit avec plénitude dans l'acoustique du Réfectoire des moines et illumine la soirée.

L’excellence vocale des Métaboles

12/09/2019
Resmusica - Michèle Tosi
The Angels au Festival de Royaumont

Léo Warynski et Les Métaboles ont choisi de faire dialoguer les œuvres du passé avec celles du présent, dans un concert qui amorce leur résidence de trois ans à la Fondation Royaumont.

Le programme est ambitieux, convoquant les instances sacrées, avec Byrd, Palestrina, Purcell et la musique chorale du Britannique Jonathan Harvey. L’Ave verum de William Byrd donne le ton, dans la perfection du contrepoint renaissant et le temps circulaire propice à la contemplation, qu’aucune pièce de la soirée ne viendra vraiment perturber. Même si s’exprime, à travers les pages chorales d’Harvey, une ferveur que nous communiquent ce soir Les Métaboles : dans Plain Songs for Peace and Light notamment, où le compositeur, habité d’une pensée électronique, écrit la ligne vocale et sa réverbération dans l’espace. L’aura résonnante des voix de femmes et le raffinement des textures obtenues au sein des pupitres nous enchantent. Come Holy Ghost, invoquant le feu céleste, est une des pièces les plus étonnantes, débutant par l’intonation grégorienne et laissant apprécier la couleur et la flexibilité des voix de l’ensemble, dans une écriture qui se complexifie sans perdre sa transparence.
En latin cette fois, le Stabat Mater pour double chœur de Palestrina, entendu dans la plénitude des voix, nous impressionne, par l’impeccable prononciation du texte et le rythme fluide que lui confère Léo Warynski, sensible à toutes les variations de l’écriture. Non moins fluide est le passage de Purcell (Remember not, Lord, our offenses) à Harvey (Remember, O Lord), les deux pièces s’originant sur la même intonation. La création mondiale de Jack Sheen, autre lauréat de Voix Nouvelles 2018 ayant bénéficié d’une commande, est donnée juste avant. Fitzgerald pirouette pour chœur spatialisé est une pièce subtile et sensible, invitant à une écoute immersive au sein d’un temps long où, imperceptiblement, les choses se transforment. Au mitan de l’œuvre, une source sonore extérieure (provenant des smartphones des chanteurs) modifie sensiblement le paysage sonore sans l’affecter profondément. Léo Warynski veille aux dosages et à l’équilibre des forces, dans une interprétation remarquable, laissant advenir le mystère et la profondeur.
En bis, et dans un élan plus spontané encore, le chœur rechante, Remember O Lord et The Angels pour double chœur, deux bijoux de Harvey aux contours ciselés et magnifiés ce soir par l’excellence vocale des Métaboles.

Une expertise entre répertoire et création dans le chant choral a cappella

09/09/2019
Olyrix - Nicolas Mathieu
The Angels au Festival de Royaumont

Nouvellement en résidence à l’Abbaye de Royaumont, Les Métaboles et leur chef Léo Warynski confirment une expertise entre répertoire et création dans le chant choral a cappella autour d’un programme de musique anglaise.

À la thématique de ce premier week-end du Festival de Royaumont (« En vol ») répond « The angels » avec Les Métaboles et Léo Warynski, auréolés du Prix Liliane Bettencourt pour le chant choral en 2018. Avec ce programme, l’ensemble propose un hommage à la tradition chorale anglaise autour de cinq compositeurs brossant autant de siècles : William Byrd, G. P. da Palestrina, Henry Purcell, Jonathan Harvey et Jack Sheen (ce dernier né en 1993 ayant composé pour l’occasion une création intitulée « Fitzgerald pirouette »). Et de révéler les réseaux d’influence, la filiation entre les différentes pages portées sur la scène du réfectoire des moines en privilégiant de manière judicieuse les aller-retour entre les compositeurs plutôt qu’un déroulé strictement chronologique. Les « Remember » introductifs des pièces de Purcell (« Remember not, Lord, our offences ») et de Harvey (« Remember, O Lord ») aux tonalités mineures proches laissent ainsi se déployer progressivement la richesse harmonique du langage musical de ces compositeurs. Une attention particulière reste portée à l’œuvre de Harvey (le choral The angels étant à l’origine du programme) dont le lien intime avec Royaumont comme le décès relativement récent font de ce concert un hommage implicite.

Les seize voix des Métaboles se montrent particulièrement en forme. Outre une redoutable justesse de ton dans l’interprétation, elles proposent un son qui a pleinement mûri au fil du temps, choyé in loco par l’acoustique indulgente du réfectoire où la résonance est privilégiée sans brouiller le discours. Le quatuor vocal introductif de l’Ave verum de Byrd (soprano-alto-ténor-basse) donne la tonalité. Depuis les hauteurs de la chaire, la sobre expressivité trouve une pleine incarnation à travers les postures de statues des chanteurs jointes à des attaques millimétrées où la verticalité (sons simultanés, s'écrivant sur une même verticale dans une partition) est imperturbable. L’effectif au complet, les différentes voix en osmose ne laissent rien au hasard, disciplinées et diapason en main. Forts de leur préparation, l’interprétation du répertoire semble sans effort malgré les dissonances rugueuses et parfois difficiles, en particulier dans les pièces de Jonathan Harvey (« Come, Holy Ghost »), sublimées par ce souci du détail relevant l’interprétation entière. La création de Jack Sheen (« Fitzgerald pirouette »), se bornant à l’esquisse, aux lignes ébauchées et à des jeux de dissonances très attendus, parvient cependant à le déstabiliser quelque peu et à lui faire perdre cette assurance inébranlable jusqu’alors montrée.

À deux chœurs, le concert prend une autre dimension. Les Métaboles quittent leur unité, et s’élancent dans une recherche aboutie de spatialisation du son et du travail des textures. Si le Stabat Mater de Palestrina est bien servi sans toutefois marquer, le choral « I love the Lord » au leitmotiv entêtant, comme « The angels » ravissent l'auditoire. La rondeur englobante des nappes de l’un, parfois même entonnées à tue-tête en des balancements, tapisse l’espace d’une toile de fond harmonique sur laquelle viennent se placer les lignes de l’autre. Dans les unissons dépouillés mais consistants tout à la fois, et les moments de monodie, les tenues respectives des différentes voix restent sans faille.

Suite aux applaudissements, Léo Warynski rappelle toute la joie ressentie par l’Ensemble pour cette résidence au sein de l’abbaye, enthousiasme dont est assurément pétri ce concert qui augure d’autres belles prestations à venir au sein de ce lieu privilégié pour la musique.

Les Métaboles, choeur vaillant

07/09/2019
Le Monde - Pierre Gervasoni
La résidence des Métaboles à Royaumont

Créé en 2010 par Léo Warynski, Les métaboles est un chœur de chambre qui s’inscrit dans le sillage d’Accentus, fondé deux décennies plus tôt par Laurence Equilbey.
Cependant, comme son nom l’indique, la formation ne cesse de se métamorphoser pour s’adapter à divers types de répertoires. Constituée à l’origine d’une majorité de jeunes, elle compte aujourd’hui des chanteurs chevronnés – Marc Busnel ou Paul-Alexandre Dubois. Chacun est capable de se produire en soliste. Après avoir visité les mouvements du XXe siècle pour chœur a cappella, signés Poulenc ou Rachmaninov, et s’être investi dans de nombreuses créations telles que Papillon noir, l’opéra de Yann Robin, le chœur entame à Royaumont une résidence de trois ans.
En attendant, un disque à paraître cet automne chez NoMadMusic viendra illustrer une quête de l’originalité (l’inattendu Murray Schafer en compagnie de Ravel et de Britten) qui n’est pas près de s’épuiser. « J’ai mille ans de répertoire devant moi » constate malicieusement Léo Warynski.

Qualité et l’homogénéité de la formation chorale

04/09/2019
Anaclase - Gilles Charlassier
Mysterious Nativity à Vezelay

Augurant un florilège au parfum d’éternité, l’Hymne des chérubins (Херувимская песнь), sixième séquence de la Liturgie de saint Jean Chrysostome Op.41 de Tchaïkovski (Литургія Святаго Іоанна Златоустаго, 1879). La suavité de la page, où la sentimentalité du compositeur russe s’affirme en une belle décantation, met tout de suite en évidence la qualité et l’homogénéité de la formation chorale, tuilant avec une douceur inspirée les articulations du poème. Né en 1954 à Vilnius, Vytautas Miškinis livre dans O salutaris hostia (1991), écrit au moment de l’effondrement de l’URSS, un condensé de dépouillement, magnifié par la précision des entrées qui n’accuse jamais les attaques. Cette caresse de textures d’une saisissante luminosité ne néglige cependant pas l’expressivité du verbe, jouant dans « Bella premunt hostilia » (« Les armées ennemies nous poursuivent ») d’effets imitatifs qui rappellent La Guerre de Janequin, avant de revenir à l’intimité initiale. Sans intention moderniste, le morceau se distingue par une intemporalité sincère que les pupitres restituent avec une conviction communicative, au point de le resservir en bis.

D’Arvo Pärt, référence du refuge en réaction aux tumultes d’un aujourd’hui auquel certains refusent la « beauté », Magnificat de 1989 et Nunc dimittis, de douze ans postérieur, affirment un halo d’apaisement ciselé avec soin, jusqu’aux délicats confins du murmure, avant Странное Рождество видевше (Mystère de la Nativité), page de rituel orthodoxe (en russe, donc) composée en 1991 par Gueorgui Sviridov (1915-1998). On retrouve l’atmosphère de ferveur recueillie, dans un élan maîtrisé, avec un grain d’une pureté admirable qui suit les linéaments d’une jubilation intérieure, jusqu’aux éclats d’Alléluias irisés, en conclusion de chacune des deux strophes et climax suspendu à la fin de la dernière.

Du jeune Franco-ukrainien Dimitri Tchesnokov (né en 1982), Trois chants sacrés Op. 43 de 2009 ne démentit pas un monochrome liturgique détaillé sans faiblesse ni redondance au fil de trois numéros (De profundis, Miserere et Pater noster) aux dynamiques formelles complémentaires. Éclaircissant les rangs, Ave Verum Corpus Op.67 pour voix de femmes (créé deux ans plus tard) prolonge cet éther avec une remarquable économie de moyens. Datés de 1983, les Trois hymnes sacrés d’Alfred Schnittke – Je vous salue Marie, Jésus notre Seigneur et Notre Père – reviennent à la langue russe et à l’Église d’Orient, sans trahir le climat installé, quand le bref Свeтй Бoжз (Éternel Dieu) de Sviridov constitue un viatique à l’image des évanescences défendues par Léo Warynski et Les Métaboles, mettant opportunément en valeur les vertus évidentes de l’ensemble.

De l’étoffe dont sont faits les anges : Les Métaboles à Vézelay

27/08/2019
Bachtrack - Tristan Labouret
Mysterious Nativity à Vezelay

Il y aura un deuxième bis. La scène est déserte depuis longtemps, les lumières ont été rallumées mais l’ovation qui salue encore Les Métaboles dans les collatéraux de la basilique de Vézelay incite Léo Warynski, le chef du choeur, à faire demi-tour pour remonter au pupitre. Quelques secondes plus tard, les pépiements surnaturels du O Salutaris hostia de Vytautas Miskinis s’élèvent à nouveau le long des hauts murs centenaires, bientôt rejoints par un choral granitique de voix masculines. On a beau s’y attendre après avoir admiré cette pièce méconnue au début du concert, il est impossible de ne pas frissonner.
Une heure auparavant, le monde des Métaboles s’est ouvert sur le merveilleux Hymne des Chérubins de Tchaïkovski. Les uns après les autres, les chanteurs rejoignent une même voie, un même souffle aérien, enchâssant délicatement leurs timbres sur le même objet sonore. Léo Warynski trace une mesure habitée, claire, souple, aux précisions discrètes : il n’a pas besoin d’user de gestes trop didactiques tant ses chanteurs connaissent leur chemin. Leurs respirations sont inaudibles, à peine perceptibles physiquement.
Le maestro profite des capacités hors norme de ses troupes pour dessiner des phrasés interminables et soigner des progressions dynamiques au long cours ; le fortissimo tendu comme un arc au sommet de la Mysterious Nativity (de Georgy Sviridov) fera trembler la voûte de la basilique. Jamais affectées, toujours impeccablement justes, même face aux accords fournis de Tchesnokov (Trois chants sacrés), Les Métaboles sont décidément de l’étoffe dont sont faits les anges.
Une heure de polyphonies a cappella dans la tradition russe orthodoxe pourrait lasser, même dans une interprétation divine. Toute l’intelligence de Léo Warynski est d’avoir agencé un programme aussi cohérent que varié, attrapant l’auditeur par l’oreille et ne le lâchant qu’après une heure de sensations fortes. Les étages formidables du contrepoint de Miskinis s’aplanissent tout à coup, laissant la place aux fils d’or tissés par Arvo Pärt dans son Magnificat. Puis c’est la procession imperturbable du Nunc dimittis et ses syllabes carillonnantes, la puissance presque agressive du Sviridov, les harmonies éthérées des voix de femmes,
laissées seules dans l’Ave verum corpus de Tchesnokov… Ces Métaboles portent bien leur nom, tant elles savent adapter légèrement leur identité sonore pour donner l’éclat propre à chaque pièce.
Arrive l’exigeante mélopée du « Bogoroditse » de Schnittke. Les chanteurs articulent le texte avec ce juste milieu de précision (indispensable pour rendre audibles les paroles) et de naturel (nécessaire pour ne pas révéler l’artifice). L’acoustique réverbérante pourrait noyer le choral, fondre les voix mais les basses ne dispersent pas leurs graves, les sopranos posent doucement leurs aigus ; les voix intermédiaires sont ainsi parfaitement perceptibles. Chaque pupitre reste homogène et le cheminement harmonique s’écoule avec une limpidité exemplaire. Quelques instants plus tard, quand le méditatif Sviatyï Bozhe de Sviridov marque la fin
du concert, le retour sur terre est brutal. Warynski a l’habileté de proposer, en bis, un extrait de la plus emblématique des oeuvres vocales russes : les fameuses Vêpres de Rachmaninov viennent répondre à L'Hymne des Chérubins et remettent l’auditeur sur les sentiers battus du grand répertoire.
Le pèlerinage polyphonique a cependant paru si bref que certains spectateurs, désireux de prolonger l’expérience métabolique, accourront à la messe du lendemain matin pour le seul plaisir d’y entendre une nouvelle fois le choeur, sollicité pour ponctuer l’office. En mal de vocations, l’Église pourra y trouver matière à réflexion : Les Métaboles ressemblent bien à une arme de conversion massive.

Une expérience sonore exceptionnelle

25/08/2019
La Croix - Emmanuelle Giuliani
Mysterious Nativity à Vezelay

Il y a des jours comme cela où tout semble soumis au généreux caprice d’une bonne fée. Le temps est admirable, l’air léger, la musique enthousiasmante. Ainsi ce samedi de la fin août, troisième et (déjà !) avant-dernière journée des Rencontres musicales de Vézelay qui célèbrent leur 20 anniversaire.

Une expérience sonore exceptionnelle
Le soir, dans la basilique de Vézelay, autre effectif (24 chanteurs a cappella), autres siècles (du XIX à nos jours), autre ère géographique et religieuse (entre pays baltes et Russie). Au pupitre, Léo Warynski entraîne son ensemble, Les Métaboles, dans un voyage musical dominé par l’introspection, la nuance et la recherche de ces vibrations qui émanent du corps des chanteurs pour s’épanouir dans l’ensemble de l’édifice de pierre, depuis le sol jusqu’aux voûtes les plus élevées. Voici une expérience sonore
où la basilique devient elle-même un immense et lumineux instrument de musique.
De l’enveloppant et tendre Hymne des Chérubins de Tchaïkovski aux rutilants Hymnes sacrés de Schnittke en passant par l’hypnotique Magnificat d’Arvo Pärt ou l’impressionnante Mysterious Nativity de Sviridov, l’évidence est là : la perfection vocale des Métaboles se hisse à un niveau rarement atteint et l’écoute du public s’en ressent immédiatement.
Léo Warynski obtient des chanteurs ce que les meilleurs peintres font naître de leur palette : transparences irisées, textures brillantes, couleurs éclatantes, pastels paradisiaques ou noirs lumineux… Cette plasticité vocale époustouflante et l’intelligence du programme inscrivent cette soirée du 24 août 2019 en lettres d’or dans les annales des Rencontres musicales de Vézelay. Le public ne s’y est pas trompé, fêtant plus que chaleureusement les interprètes et leur chef.

Un engagement plein, avec de l'enthousiasme, de l'énergie

07/05/2019
DNA
Guerre et Paix aux Musicales (Colmar)

Données en ouverture, " Dans les tranchées de Lagny " et " La Strasbourgeoise " offrent une vision populaire, intime, de la guerre ; la première oeuvre, anonyme, aborde la Grande Guerre avec allant, la seconde, la guerre de 70 avec les mots et interrogations d'un enfant qui apprend qu'il est orphelin ; l'enchantement, s'il est possible que le malheur des uns puisse faire le bonheur d'autres, est tout aussi patent que pour les trois pièces (texte et musique) de Maurice Ravel évoquant toujours la guerre, pour le " Locus iste " de Bruckner et un motet de Felix Mendelssohn-Bartholdy ; les voix sont envoûtantes, la diction claire, l'engagement réjouissant... et communicatif puisque l' " Ode à la joie ", le quatrième et pacifiste quatrième mouvement de la 9e symphonie beethovenienne, a été donnée avec le concours du public.
Un engagement plein, avec de l'enthousiasme, de l'énergie

Pour la création de la " Cantate pour la paix " de Dimitri Tchesnokov, les Métaboles étaient associés à une trentaine d'enfants des classes de quatrième du collège local Victor-Hugo ; chanteuses et chanteurs ont été à la hauteur de l'événement, car ce qui a été propos n'était pas un (petit) tour de chant, approximatif et timide, mais un engagement plein, avec de l'enthousiasme, de l'énergie, une clarté de prononciation, des nuances et une justesse de ton et de rythme... qui ont dû séduire le compositeur, qui en la circonstance avait endossé les habits de pianiste.

En configuration habituelle et en compagnie de Marc Coppey, tout à la fois directeur artistique du festival, violoncelliste multicarte et chef d'orchestre (dès ce mardi soir), les Métaboles ont chanté " Svyati " de John Taverner puis " Métamorphoses " de Philippe Hersant, deux opus " dits " de musique contemporaine. Si le premier (1995) est une longue mélopée extatique quasi monodique au texte réduit au minimum mais sans cesse répété par onze voix, le second, composé en 2013 sur des poèmes écrits par des détenus de la centrale de Clairvaux, est tout en violence retenue, comme un cri sourd « maquillé », le violoncelle ne prenant souvent toute sa part, « lamento », que pour souligner 'urgence ou le désespoir latent. Une grande oeuvre... un ensemble à l'unisson.

Une interprétation superlative

01/11/2018
Diapason - Patrick Szernovicz
Io, Frammento da Prometeo de Luigi Nono

Io, frammento da Prometeo de Luigi Nono déploie ses soixante-quinze minutes d’une musique planante, incroyablement raffinée.

Bien que faisant appel à un matériau sonore très modeste (chœur de chambre, trois sopranos solistes, flûte basse, clarinette contrebasse, magnifié par un dispositif électronique hors norme), le compositeur vénitien atteint d’emblée une faculté d’expression déconcertante. Et le chœur Les Métaboles et des solistes de l’ensemble Multilatérale dirigés par Léo Warynski en donnent dans le vaisseau de l’église Saint-Paul une interprétation superlative.

... l'intensité toujours chevillée au geste de Léo Warynski

04/10/2018
ResMusica - Michèle Tosi
Io, frammento da Prometeo de Luigi Nono

L’écoute est exigeante, le temps très étiré mais l’intensité toujours chevillée au geste de Léo Warynski, exemplaire dans cette exécution qui relève de la performance.

Le chef « en a dans la baguette »

03/10/2018
Resmusica - Jean-Pierre Sicard
200 Motels de Zappa

Léo Warynski à la direction, Antoine Gindt à la mise en scène et Philippe Béziat à la vidéo, maîtrisent avec brio la complexité et l’humour de cette oeuvre parfois provocante, souvent drôle et riche de trouvailles musicales dans ses différents styles.
Léo Warynski reste imperturbable. Mais, pour rester dans le ton de Zappa, le chef « en a dans la baguette » : il assure la dynamique, préserve les changements d’atmosphère, pilote la complexité rythmique et articule toutes ces composantes, comme si l’ambiance déjantée qui domine sur scène évoluait en toute liberté.

Un bel engagement vocal et scénique

03/10/2018
Concertclassic.com - Jean-Guillaume Lebrun
200 Motels de Zappa

Précise et énergique, la direction de Léo Waryniski crée un bel équilibre entre l’orchestre et les autres musiciens (…) les jeunes chanteuses Aliénor Feix (mezzo) et marina Ruiz(soprano) montrent également un bel engagement vocal et scénique – et on pourrait en dire autant de l’ensemble vocal Les Métaboles.

Prestation vocale impecable

01/10/2018
Olyrix - Cécile Côte
200 Motels de Zappa

L’œuvre, savant mélange de musique classique contemporaine et pop-rock, est servie magistralement par l’Orchestre Philharmonique de Strasbourg, Les Percussions de Strasbours, Les HeadShakers, le chœur Les Métaboles placés sous la direction efficace de Léo Warynski (…) La chœur Les Métaboles joue le rôle du public de l’émission, fébrilement accroché à leur téléphone portable pour filmer ou faire des selfies. Leur prestation vocale impeccable ne dénote que par quelques imprécisions sur les rythmes frappés.

Les chanteurs révèlent les subtilités de l’œuvre...

28/09/2018
DNA
Io, Frammeto da Prometeo de Luigi Nono

Du rêve et de la mémoire

Warynski dirige, gestes souples, une douzaine de chanteurs en mode frontal. Derrière lui, les solistes de l’ensemble Multilatérale apportent leur contribution dans deux passages paroxystiques. Susanna Andersson, de sa voix flûtée, tient le registre suraigu avec une autorité impressionnante. Et Raphaële Kennedy et Emilie Rose Bry incarnent un duo vertigineux et tourbillonnant. (…)

Mis en confiance par un Léo Warynski serein, les chanteurs révèlent les subtilités de l’œuvre en les libérant du contexte scénique.

Les chanteurs se révèlent exemplaires

27/09/2018
Libération - Guillaume Tion
200 Motels de Zappa

Les chanteurs, ensuite, qui se préparent depuis quelques mois à ces rôles particuliers, avec des textes souvent outranciers, se révèlent exemplaires. Leur qualité vocale ne surprend pas : ils viennent du lyrique et maîtrisent la partition sans difficulté – ils sont même la plupart du temps sous-utilisés, l’œuvre n’étant pas taillée pour randonner dans les voix de contre ou les forêts d’intervalles  héroïques. Mais ils séduisent par l’engagement qu’ils mettent non seulement à donner corps à leurs personnages, mais aussi à attiser l’esprit de l’œuvre. 

Au pupitre, Léo Warynski gérait son (vaste) monde avec souplesse

22/09/2018
DNA - Hervé Lévy
200 Motels de Zappa

Au pupitre, Léo Warynski gérait son (vaste) monde avec souplesse, trouvant des équilibres subtils entre les différents protagonistes et faisant joliment entrer en résonance l'orchestre philharmonique de Strasbourg -peu habitué à tel répertoire, mais qui a semblé réellement s'y amuser -, les Percussions de Strasbourg, l'ensemble vocal Les Métaboles (qu'il a fondé) à l'impeccable cohérence et The HeadShakers, groupe dont l'univers oseille entre funk, jazz et échappée hendrixiennes.

Cette nouvelle version de 200 motels est une grande réussite

22/09/2018
Muzik.fr - Frédéric Goaty
200 Motels de Zappa

Des les premiers accords envoûtants, la magie opère et l’irrésistible pouvoir de séduction de la Grande musique zappaienne, qui balance si naturellement entre le savant et le populaire, stimule notre imaginaire. (…)
Disons le tout net : cette nouvelle version de 200 motels mise en scène par Antoine Gindt (direction musicale Léo Warynski, réalisation vidéo Philippe Béziat) est une grande réussite.

Une interprétation précise et souple

02/09/2018
Olyrix - Charles Arden
Nature of things

Les Métaboles inaugurent leur résidence à Royaumont dans la nature des choses

Savamment construit, le programme reflète en effet les talents et l'identité des Métaboles (récemment salués par le 28e prix Liliane Bettencourt pour le chant choral) : huit artistes vocaux (formation la plus concentrée de cet ensemble modulable) vantent les mérites de l'art, de la nature et du lien entre polyphonie Renaissance et création contemporaine. Le concert dans le Potager-Jardin montre ainsi la modernité du "Chant des oiseaux" de Clément Janequin (1485-1558), l'envoûtement des nomades "Magic Songs" de Raymond Murray Schafer (compositeur écologiste, théoricien et enseignant canadien, né en 1933) avant "The Nature of Things", une création mondiale de Diana Soh (née à Singapour en 1984, et ayant composé cette oeuvre à l'issue d'une résidence à : un beau passage de relais donc avec Les Métaboles qui y entament la leur).

Parfaite entrée en matière, la pièce de Janequin associe déjà deux qualités cardinales des oeuvres suivantes : une interprétation précise et souple (à l'image de la direction du chef) et un effet de dissémination bruitiste doucement amplifiée par la vingtaine de haut-parleurs. Ceux-ci exprimeront leur plein potentiel en diffusant les retouches en temps réel sur la dernière pièce, avant cela ils soutiennent délicatement sans les trahir, les sons bouches fermées et aspirés des inuits mais également le cri du loup auxquels rend hommage "Magic Songs" de Raymond Murray Schafer.
Le choeur s'éclate alors au pourtour du jardin, entamant avec la création mondiale "The Nature of Things" de Diana Soh, un cheminement à travers la flore et les registres vocaux électroniques (des sirènes jaillissant de scies musicales, un chuchotement devenant didgeridoo digital et les souples cantilènes composant progressivement des extraits du "De Rerum Natura" écrit par l’épicurien Titus Lucretius Carus).
 

Les chanteurs donnent une vitalité galvanisante à l’ensemble

04/07/2018
ResMusica - Michèle Tosi
Le jour juste avant l'océan

Cendo croise les univers dans le jour juste avant l'océan
C’est  dans  l’acoustique  généreuse  de  l’église  Sainte-Marie-Madeleine  à  Gennevilliers,  ville  où  l’ensemble  Multilatérale  est en  résidence,  que  Léo  Warynski  dirige  en  création  mondiale  "Le jour  juste  avant  l’océan"  de  Raphaël  Cendo,  un  Objet  MusicalNon  Identifié  (OMNI),  selon  les  termes  du  compositeur,  qui met  au  centre  du  projet  des  textes  du  Barullo,  « livre dodécaphonique »  tout  en  saillies  du  dramaturge  etscénographe  hispano-argentin  Rodrigo  García.

La  tâche  de  Léo  Warynski  est  aussi  délicate  que  bien  assumée,  au  sein  d’un  univers  oscillant  entre  contrainte  et  liberté,  équilibre  des  forces  et  excès  de son.  Les  chanteurs  donnent  une  vitalité  galvanisante  à  l’ensemble  et  l’énergie  passe  d’un  ensemble  instrumental  à  l’autre.  Le  titre  de  cet  OMNI reprend  celui  de  Bernard-Marie  Koltès,  "La nuit  juste  avant  la  forêt",  dont  Raphaël  Cendo  modifie  les  termes,  préférant  quant  à  lui  filer  la  métaphore de  la  vague  et  de  la  submersion.
 

Soirée exceptionnelle

16/06/2018
L'Alsace - Hélène Bléger
Est-Ouest, d'un continent à l'autre

Le programme panorama était dédié au répertoire européen « d’un continent à l’autre, est-ouest », interprété a cappella par les voix cristallines et généreuses des sopranos, et des basses profondes et puissantes. Dirigé par Léo Warynski, chef d’orchestre et ancien membre de la Maîtrise de garçons de Colmar, tout comme Guillaume Ory avec sa basse profonde, ce concert a offert une carte de visite prestigieuse tout au long de cette soirée exceptionnelle vécue intensément par les mélomanes.

Une parenthèse divine dans une vie de mélomane

13/06/2018
DNA
Est-Ouest, d'un continent à l'autre

D’une rare intensité émotionnelle, le concert vocal produit pas l’ensemble Les Métaboles mardi soir à l’église Saints-Pierre et Paul d’Eguisheim a littéralement comblé un public venu en nombre.

Le geste précis, calme et professionnel, le chef de chœur Léo Warynski a emporté ses chantres dans un voyage extraordinaire d’Est en Ouest, d’un continent à l’autre comme l’annonçait si bien le titre du concert. Des pièces interprétées avec pureté par l’ensemble des chanteurs laissant s’échapper de profondes basses ou d’époustouflantes tessitures de ténors. Une harmonie vocale qui laissait sans voix le public médusé. (…) Il était dès lors très difficile de quitter les bancs de l’église lorsqu’inexorablement allait prendre fin ce concert et, redescendant sur terre, le public devait encore affronter les éléments. Gardant toutefois un souvenir inaltérable d’un moment de pur bonheur, une parenthèse divine dans une vie de mélomane.

Léo Warynski, qui confirme là sa capacité et celle de son ensemble vocal des Métaboles à rendre mélodieuses les musiques les plus improbables

28/05/2018
ConcertClassic.com - Michel Grinand
Le Papillon noir

Création du Papillon noir de Yann Robin - Monologue dans l'au-delà
Il aura fallu neuf ans au compositeur Yann Robin et à l’écrivain Yannick Haenel pour collaborer autour d’une œuvre lyrique. Le résultat n’en est que plus dantesque puisque les deux complices se sont entendus pour décrire le passage de la vie à la mort d’un être humain transgenre. Sous leur influence, cet instant fugace devient un moment d’éternité d’une heure quinze au cours duquel l’auditeur assiste, dans une ambiance de désagrégation sonore, à l’extinction d’un être vivant. Les cordes de l’Ensemble Multilatérale frottent, tapent et grincent, les cuivres aux embouchures retournées produisent des sons soufflés, les percussions battent comme un cœur affolé, tintent comme un glas ou martèlent les temps forts de cette descente aux enfers. Le chœur des Métaboles psalmodie des mantras du Livre des Morts tibétain (le Bardo Thödol) , halète comme une âme à bout de souffle, vocifère des mots secrets sous la direction énergique et inspirée de Léo Warynski.
 

« C’est une musique très énergique, puissante, déconnectée des notions de tonalité et d’atonalité et où le chœur mélange lyrisme et saturation du son pour que sa granulation fusionne avec celle de l’orchestre, témoigne le jeune chef Léo Warynski, qui confirme là sa capacité et celle de son ensemble vocal des Métaboles à rendre mélodieuses les musiques les plus improbables. Diriger le Papillon Noir implique de travailler sur la pulsation et le rythme et de gérer les énergies produites pour dramatiser l’action. C’est une direction très virtuose

...grande expertise

15/05/2018
Diapason- Pierre Rigaudière
Papillon noir

Voix  de  l'au-delà  au  Festival - Les  Musiques  de  Marseille
À  chaque  Centre  National  de  Création  Musicale  sa  vitrine.  Celle  du  GMEM  à  Marseille,  le  festival  Les  Musiques,  levait  son  rideau avec  "Le  Papillon  noir,"  ambitieux  monodrame  opératique  de  Yann  Robin  sur  un  texte  de  l'écrivain  Yannick  Haenel,  mis  en  scène par  Arthur  Nauzyciel. La  réunion  de  l'ensemble  vocal  Les  Métaboles  (12  chanteurs)  et  de  l'Ensemble  Multilatérale  (13  instrumentistes)  était  assurément  une  riche  idée.  En premier  lieu,  parce  qu'elle  ouvre  de  façon  flagrante  l'écriture  d'un  compositeur  que  l'on  commençait  à  associer  de  façon  un  peu  trop  systématique  à  la  «saturation».  Les  sons  écrasés  des  cordes  ou  fendus  des  anches  sont  certes  là,  comme  les  frappes  sur  la  caisse  des  instruments  ou  sur  les  cordes  du piano,  ainsi  que  les  renforts  massifs  de  percussions.  Mais  ils  ne  constituent  qu'une  partie  de  la  palette,  riche  aussi  de  lumières  crues  façon  Ligeti,d'irisations  subtiles,  de  résonances  et  de  mixtures  méticuleusement  dosées.  Chef  attitré  des  Métaboles,  Léo  Warynski  démontre  également  une  grande expertise  :  son  travail  sur  les  équilibres  entre  les  instruments  et  le  chœur  est  remarquable,  tout  comme  sa  préparation  de  ce  chœur  aux  quarts  de  ton,  à l'exigence  de  tonus  rythmique,  et  aux  modes  d'émission  diversifiés  -  plusieurs  textures  de  bruit  blanc,  registre  strohbass,  sons  diffractés.

Léo Warynski accompagne avec allégresse le développement du discours musical par des mouvements amples et contrôlés

01/12/2017
Olyrix - Nicolas Mathieu
Un Noël allemand

Autour d’un programme minutieusement préparé et presque exclusivement dédié aux compositeurs allemands, l’ensemble des Métaboles, dirigé par le talentueux jeune chef Léo Warynski, célèbre Noël au Collège des Bernardins dans une ambiance conviviale.
Considéré ensemble, ce chœur laisse percevoir une belles sensibilité aux nuances. Du pianissimo aux forte, il forme un tout homogène, et les piano subito sont heureusement attaqués. Léo Warynski accompagne avec allégresse le développement du discours musical par des mouvements amples et contrôlés. Son implication et son énergie sont notables, et ce dernier chante parfois presque avec les artistes, dans un crescendo dramatique

Léo Warynski. Le jeune chef qui monte

01/11/2017
Classica - Elsa Fottorino

Léo Warynski, Le jeune chef qui monte.
Fondateur du chœur Les Métaboles, il est aussi directeur de l'ensemble Multilatérale. 
Un artiste charismatique en pleine ascension.

La précision de la direction de Léo Warynski

21/09/2017
Anaclase - Gilles Chalassier
Rothko Chapel

Le lendemain, le week­-end se referme dans le réfectoire des moines sur un programme élaboré autour de "Rothko Chapel" de Morton Feldman. Après un Steve Reich apéritif, "Know what is above you", miniature ciselée par Les Métaboles où se reconnaît l'empreinte du minimalisme hypnotique, "Whispers" (hommage à William Byrd) et "Three new motets in Memoriam Thomas Tallis" de Steven Stucky font retentir une décantation archaïsante magnifiée par les lieux comme par la précision de la direction de Léo Warynski. Augmentés de la percussion d'Hélène Colombotti et du célesta confié aux doigts d’Elisa Humanes, ainsi que de l'alto de Maxime Désert, les effectifs invitent à un voyage aux confins de l'éther dans la création que Feldman avait imaginée pour l'installation picturale laissée inachevée par Rothko à Houston.

La synergie de l’ensemble, l’homogénéité des pupitres et la clarté exemplaire de la diction

13/09/2017
ResMusica - Michèle Tosi
Rothko Chapel

Le week-end de la contemporaine à Royaumont
"Know what is above you" de  Steve Reich, pour voix de femmes et deux petits tambours, est une entrée en matière aussi courte que galvanisante.  Les deux œuvres de Steven Stucky (1949-2016) pour chœur mixte, écrites dans une veine expressive et un langage plutôt consonant, laissent  apprécier la synergie de l’ensemble, l’homogénéité des pupitres et la clarté exemplaire de la diction. Elles précèdent le chef d’œuvre attendu de Morton Feldman "Rothko Chapel" pour lequel on installe au  entre de la scène le célesta tenu par Elisa Humanes. C’est l’altiste du Quatuor Tana, Maxime  Désert, qui est à jardin, faisant face au set de percussions d’Hélène  Colombotti. L’acoustique  réverbérante des  lieux est idéale pour fondre dans un même espace chaque intervention sans en altérer l’identité. L’équilibre fragile de cette musique infime est maintenu avec beaucoup de délicatesse par Léo Warynski.
En phase avec la percussion, l’alto conducteur de Maxime Désert est subtilement dosé, dans les dynamiques, la couleur et le vibrato,  jusqu’à l’apparition du chant  hébraïque qui  apporte au terme de ce rituel étrange une fraicheur nouvelle et surprenante.

Si  "Rothko Chapel" a été plusieurs fois donnée dans les mois précédents  (notamment  au  Festival  Manifeste), force est de constater que l’expérience d’écoute, renouvelée par l’espace et les interprètes, est chaque fois différente et  oujours  enrichissante.

L’esthétique sonore des Métaboles ? Grande adaptabilité, plasticité du son en fonction du répertoire, attention aiguë à l’homogénéité et à la justesse

04/09/2017
ConcertClassic.com - Alain Cochard
Une nuit américaine

Léo  Warynski,  entre  chœur  et  orchestre  –  Un  talent bien  partagé
Une  soirée  à  l’église  des  Billettes  en  décembre  2016  a  été  le  cadre  d’un  des  concerts  les plus  originaux  de  la  saison  dernière  à  Paris  puisqu’il associait  des  pages  de  musique chorale  a  cappella  américaine  interprétées  par  le  chœur les  Métaboles  de  Léo  Warynski à  ...  des  fragrances  imaginées  par  le  parfumeur  Quentin  Bisch  !  Étonnante expérience  dont  Jean-Guillaume  Lebrun  s’était  fait  l’écho  dans  nos  colonnes.  Léo Warynski  est  de  retour  pour  une  fin  d’année  bien  occupée,  de  Royaumont  à  Strasbourg  et de  Rouen  à  Paris.
L’esthétique  sonore  des  Métaboles  ?  Grande  adaptabilité,  plasticité  du  son en  fonction  du  répertoire,  attention  aiguë  à  l’homogénéité  et  à  la  justesse.  « Elle m’obsède,  reconnaît  Léo  Warynski  ;  un  chœur  qui  chante  juste  c’est  un  chœur  qui  sonne bien ! »  Il  compare  la  discipline  du  chœur  à  celle  du  quatuor  à  cordes : « même  force émotionnelle  qui  procède  de  la  fragilité  de  l’ensemble  au  départ. »

Les Métaboles ravissent le public avec leur chant impeccable

21/08/2017
Ouest France
Une nuit américaine

Les semaines musicales de Quimper
Deux concerts mémorables. D'un côté, les Métaboles ravissent le public avec leur chant impeccable. De l'autre, le Duo Estampes impressionne par sa maîtrise instrumentale.

Trois rappels. Le public ne pouvait plus laisser partir les chanteurs des Métaboles et leur chef,Léo Waryinski. Il faut dire que le programme était original, peu connu et surtout interprété avec une rare perfection
Le concert a été imaginé par le jeune chef avec plusieurs étapes, du crépuscule à l'endormissement, puis l'aurore... Entre ­temps, le sommeil, le rêve... En débutant par les "Motets" d'Aaron Copland, cette soirée annonçait une très belle nuit à venir. Puis le "Whisper" de Steven Stucky, très bel hommage à l'"Ave Verum" de Byrd, suivi des pièces de Morton Feldman et le "O magnum mysterium" de Morten Lauridsen dont le caractère méditatif conduisait en toute sérénitévers un sommeil profond.La seconde partie de ce concert était consacrée à Samuel Barber. Le plus connu des compositeurs américains en France, avec la seule pièce qui ait traversé l'Atlantique,l'incontournable Agnus­Dei, qui fut d'abord un quatuor à cordes, a ému le public. En guise de rappel, les artistes avaient choisi d'interpréter une transcription de "Jardin Féerique" de Maurice Ravel, mais le public a pu savourer de nouveau deux pièces du programme, "Sleep" d'Eric Whitaker, et "O magnum mysterium",encore une fois longuement salué. Le festival touche à sa fin, et restera très certainement marqué par cette soirée avec les Métaboles, placée sous le signe de la perfection.

Les chanteurs, superbement dirigés par Léo Warynski, ont magnifiquement retracé le climat d’une bien étrange nuit américaine

21/08/2017
Le Télégramme - Éliane Faucon-Dumont
Une nuit américaine

Les Métaboles chantent la nuit américaine
... Les chanteurs, superbement  dirigés par Léo Warynski, ont magnifiquement retracé le climat d’une bien étrange nuit américaine, au sein de laquelle se sont épanouies les musiques parfois planantes, toujours touchantes, signées Samuel Barber, Eric Whitacre, Morten Lauridsen, Morton Fedman et Aaron Copland.

Il faut saluer la grande beauté de l’ensemble, la pureté des timbres et le raffinement de ces jeunes chanteurs qui leur permettent d’avoir une sonorité unique

02/02/2017
Classica - Romaric Gergorin
Une nuit américaine (CD)

Une nuit américaine – œuvres de Copland, Barber, Feldman, Whitacre
Les Métaboles proposent un beau panorama d’œuvres vocales toutes empreintes d’une grande ferveur sans jamais tomber dans un dramatisme pompier, écueil fatal à nombre de compositeurs contemporains actuels. (…)… il faut saluer la grande beauté de l’ensemble, la pureté des timbres et le raffinement de ces jeunes chanteurs qui leur permettent d’avoir une sonorité unique qu’on aimerait entendre dans "Rothko Chapel" de Feldman plutôt que dans l’anecdotique "Christian Wolf in Cambridge".

Les Métaboles poursuivent leur inscription dans un paysage de l’excellence chorale française

12/12/2016
Diapason - Benoît Fauchet
Une nuit américaine

Après six ans d’existence, Les Métaboles poursuivent leur inscription dans un paysage de l’excellence chorale française qui, d’Accentus à Aedes, ne manque plus de valeurs sûres.

Excellent disque intitulé « Une Nuit américaine »

12/12/2016
Concertclassic.com - Jean-Guillaume Lebrun
Une nuit américaine (CD)

La curiosité et l’enthousiasme des Métaboles (…) ont rencontré ceux du public : l’église des Billettes était comble pour un concert qui fait écho à la récente parution sur label NoMadMusic d’un excellent disque intitulé « Une Nuit américaine » (…). L’engagement des chanteurs, sensible tout au long du concert, épouse la direction souple et limpide de Léo Warynski, qui révèle tour à tour le clair et l’obscur, le dense et le ténu.

Le public est manifestement sorti conquis

04/12/2016
ConcertoNet - Jérémie Bigorie
Une nuit américaine

Un tube pour finir : le célébrissime "Agnus Dei", où se distingue, lors de la montée dans l’aigu, le remarquable pupitre de sopranos des Métaboles. Il faut dire que Léo Warynski veille au grain, en bon maître-horloger du tactus propre à chaque morceau : on perçoit un vrai tempérament de chef (d’orchestre) dans cette manière à la fois souple et charismatique de donner les entrées. Venu très nombreux, le public est manifestement sorti conquis par l’expérience, réservant un triomphe aux artistes.

Les Métaboles excellent dans les nuances

30/11/2016
Le Babillard, "Night Songs and Candies" - Loïc Chahine
Une nuit américaine

Les Métaboles excellent dans les nuances et la lecture semble, en fait, ne faire qu’un avec la musique elle-même.

Léo Warynski pose petit à petit les pièces qui font de lui un grand chef d’orchestre

28/11/2016
Radio Classique, le Journal du Classique - Laure Mézan
Une nuit américaine

Léo Warynski pose petit à petit les pièces qui font de lui un grand chef d’orchestre. La musique s’impose comme un choix de liberté pour le jeune chef. Avec un répertoire large de plus d’un millénaire, Léo Warynski se refuse encore à choisir un style ou une époque précise. Ouvrant sans cesse le champ de ses possibles, il a récemment innové en proposant un album puis un concert autour du thème de la Nuit Américaine.

L'ensemble Les Métaboles se hisse avec cette gravure au premier rang des chœurs européens

27/11/2016
France Musique, Sacrées Musiques - Benjamin François
Une nuit américaine (CD)

Le coup de cœur de cette semaine va au nouvel album des Métaboles, Une Nuit Américaine. On est plein d'admiration pour Léo Warynski, ce jeune chef de choeur et d'orchestre, (...) un interprète moderne, tout à fait excellent, et surtout un très fin musicien qui sait parfaitement mener son ensemble. 
L'ensemble Les Métaboles se hisse avec cette gravure au premier rang des chœurs européens, à égalité à mon sens avec le Rias Kamerchor, l'ensemble vocal de la SWR de Stuttgart et les meilleurs chœurs anglais (…) Ils nous surprennent totalement  pas leur maturité vocale et musicale alors qu'ils n'existent que depuis 2010.

Un des meilleurs chœurs français à l’heure actuelle

21/11/2016
ResMusica, « A Emporter » - Jean-Baptiste de La Taille
Une nuit américaine

Un programme hors des sentiers battus, assez pointu, par un des meilleurs chœurs français à l’heure actuelle

Un second enregistrement encore plus abouti

12/11/2016
Webtheatre.fr - Olivier Olgan
Une nuit américaine (CD)

Une réussite telle que celle du programme Une Nuit américaine...

12/11/2016
A Nous Paris !
Une nuit américaine (CD)

Une réussite telle que celle du programme Une Nuit américaine, que le chœur Les Métaboles vient d’enregistrer avec le label NoMad Music, mérite d’être fêtée dignement !

Un fastueux bouquet d'émotions

12/11/2016
Webtheatre.fr - Olivier Olgan

une excellente technique projetée dans un florilège de partitions (…) pour un fastueux bouquet d’émotions. Toujours subtile, l’interprétation est parfaitement maitrisée et ductile.

Un magnifique disque qui ravira les amateurs de chant choral a capella au plus haut niveau

12/11/2016
ConcertoNet - Gilles Lesur
Une nuit américaine (CD)

Un magnifique disque qui enchantera tous les amateurs de chant choral a cappella au plus haut niveau ainsi que les curieux qui veulent découvrir des œuvres rarement entendues dans notre pays. L'exécution met en évidence un ensemble vocal professionnel français de grande qualité sur lequel il faudra désormais compter.

Sous la direction précise de Léo Warynski, les vingt-huit chanteurs proposent une belle illustration de leurs talent

08/11/2016
Forum Opéra - Laurent Bury
Une nuit américaine

Une des grandes formations chorales françaises

08/11/2016
France Musique, En Pistes - Emilie Munéra
Une nuit américaine (CD)

En cette semaine d’élections aux États-Unis, le coup de coeur de En Pistes va au dernier disque de l’ensemble vocal Les Métaboles intitulé Une Nuit américaine. Un disque fait de découvertes qui impose les Métaboles comme une des grandes formations chorales françaises.

Une époustouflante immersion dans la musique sacrée de l’ancien bloc soviétique

08/10/2016
DNA - Christian Wolff
Mysterious Nativity

L’ensemble Les Métaboles signait mardi soir, en l’église protestante Saint-Pierre-le-Jeune, une époustouflante immersion dans la musique sacrée de l’ancien bloc soviétique, a cappella ou accompagné par l’organiste Denis Comtet. Au milieu d’une soirée suspendue durant laquelle le public captif a pu admirer toutes les qualités revendiquées de ce jeune ensemble (…) :  homogénéité et justesse exceptionnelles, rondeur de la texture, lecture erratique et objective des partitions. 

Un disque bien beau à conseiller à nos auditeurs

12/03/2016
France Musique, émission « En pistes » - Rodolphe Bruneau-Boulmier
Mysterious Nativity (CD)

Un disque bien beau (...) à conseiller à nos auditeurs. Vive la jeune génération !

Enregistrement de référence (Magnificat d'Arvo Pärt)

11/10/2015
France Musique dans l’émission « La tribune des critiques » - Jérémie Rousseau
Mysterious Nativity (CD)

Une révélation que le choeur Métaboles ! Homogène et équilibrée, voici la version charnelle et engagée par excellence, profonde dans les basses, exaltant les grandes lignes dans l’aigu. On est dans l’appel, dans la prière, et cet étirement du temps cher à Pärt est rendu avec des silences habités, quasi atemporels. C’est aussi la version qui rallie les suffrages du public.

Le public ovationnait longuement Les Métaboles, leur chef de chœur et leur « chef d’odeurs »

12/06/2015
Avant choeur
Une nuit américaine

Sur un fond sonore grave et masculin évoquant les dernières lourdeurs du sommeil, les sopranes donnèrent leurs plus beaux aigus pour traduire, d’un crescendo chromatique aboutissant à un fortissimo débordant les voûtes de l’église, le retour du jour et l’explosion de lumière d’un Agnus Dei magnifique de ferveur. Comme ramené à la conscience, le public ovationnait longuement Les Métaboles, leur chef de chœur et leur « chef d’odeurs », obtenant un double bis qui compléta harmonieusement la soirée.

Une belle homogénéité

12/12/2014
Classica - Bernard Dermoncourt

Le chœur Métaboles fait preuve d’une belle homogénéité, et dans les voix aigus, d’une sensibilité très touchante.

Die faszinierendste Vokalmusik-Veröffentlichung des Jahres

19/11/2014
Brillant Classics - du chroniqueur Sal

Dies ist – zumindest für mich – die faszinierendste Vokalmusik-Veröffentlichung des Jahres. »
(C'est - tout au moins pour moi - la publication de musique vocale la plus fascinante de l'année.)

L’homogénéité de l’ensemble ne fait aucun doute

12/10/2014
Diapason
Concordances des temps, de Schütz à Hersant

Une qualité vocale exceptionnelle

11/08/2013
Ouest-France

Un choix de répertoire peu interprété, une qualité vocale exceptionnelle, un sens de la nuance et de l’interprétation qui révèlent un travail monumental et un sens de l’écoute très précis.